•    Introduction à la philatélie    •


Au commencent était la lettre ...
..... et le timbre ne vint qu'en 1840 lorsque l'Anglais Sir Rowland Hill inventa la vignette adhésive que l'expéditeur devait coller sur son courrier, attestant par le fait même qu'il avait payé les frais de transport jusqu'à son destinataire.

Ce fut le fondement des Administrations postales et de la Philatélie (littéralement "qui aime la taxe" puisque le timbre-poste est une taxe d'acheminement) puis de la collaboration de nombreux artistes et graveurs à la réalisation des figures de ces timbres.

Au début, tout a été simple, le timbre-poste ... n'avait pas encore de dents, il se définit donc comme non-dentelé. Il est ainsi facile à imprimer en planches entières pour un coût de revient modeste, la différence coût de revient/prix de vente couvre le bénéfice ... et le paiement des employés au service postal. Mais les préposés des bureaux de postes sont désormais obligés d'utiliser le ciseau pour séparer les divers exemplaires d'une feuille (ou planche). Cela se fait le plus souvent soigneusement, ce qui prend du temps, ou parfois assez sommairement, dans l'urgence ou par négligence au détriment du timbre et justifiant les réclamations tant des usagers que, déjà, des collectionneurs qui deviennent nombreux et avides de ces nouveautés.

C'est pour ces raisons, comme il se développait bien,  que les dents vinrent à pousser au timbre. Il devenait alors plus facile à découper par les préposés en conservant son intégrité. Il devint donc dentelé.

De multiples machines à perforer les feuilles entières furent utilisées et il nacquit ainsi une très grande variété de dentelures qui oblige le collectionneur à acquérir un odontomètre. Certains tirages ont été confiés, dans l'urgence, à des "prestataires" qui n'ont pas utilisé la même machine : les cotes de ces quelques timbres sont souvent considérables, mais justifiées par la rareté (quelques planches seulement).

Tous les pays du monde adoptèrent assez rapidement ce système postal (très rentable) et les émissions de timbres-poste devinrent très nombreuses sur la planète. C'est aujourd'hui la raison pour laquelle il n'est plus possible d'envisager une collection générale (tous les timbres émis par tous les pays) qui comptait en 1850 seulement quelques centaines d'exemplaires. Il est un fait à ce jour que certaines de ce émissions ne visent d'ailleurs plus que les collectionneurs de timbres neufs  qui payent ainsi un service jamais rendu.

Assez tôt, certains malins trouvèrent rentable de devenir imprimeurs de timbres afin de les revendre au public (encaissant par le fait même la différence entre le coût de production minime et la valeur faciale du timbre qui inclut la taxe d'acheminement). Apparurent donc les faux. L'administration réagit assez rapidement en imprimant les timbres sur du papier spécial qui laisse apparaître par transparence un motif, une trame, un dessin : c'est le filigrane. Grâce à ce procédé, l'entité timbre-imprimé-papier se trouve donc beaucoup plus difficile à reproduire.
De même, certaines administrations firent graver des signes secrets dans les motifs du timbre pour identifier au plus tôt les contrefaçons. C'est particulièrement vrai pour les USA : voir les adresses spécialisées dans la partie références utiles (ci-dessous).

Rechercher un timbre trouvé dans un lot ou un ensemble est parfois une opération délicate et longue. Si l'on se réfère à la langue des mentions figurant sur le timbre on avance sûrement mais on peut trébucher sur les surcharges (caractères sur-imprimés sur le timbre) qui peuvent en changer radicalement l'origine. Les occupations de Provinces (souvent minuscules) ont été la source de chassés-croisés parfois étonnants : certaines provinces Grecques ont changé plusieurs fois de main en fonction des traités politiques, provoquant à chaque fois des surcharges de surcharges !

Collectionner les timbres est un vaste sujet. Il faut procéder avant tout avec le coeur : se limiter à ce qui plaît plutôt qu'à ce qui apparaît un placement de ses sous. Car, quoi qu'il en soit, toute collection est coûteuse. Alors il faut surtout qu'elle corresponde à un goût, un plaisir esthétique, une idée ou une folie (tous les n° 1 du monde). Tel retiendra les "noirs", tel autres les "jaunes", un autre les femmes, celui-là les bateaux à vapeur, celui-ci les fleurs, les astronautes ou les champignons. L'intérêt sera principalement de trouver cet exemplaire qui manque (et qu'il faudra rechercher activement) pour terminer en beauté la page ou la série. La collection est ainsi un moyen de dynamisme, d'attention, de recherches d'informations et de savoir, c'est une permanente marche en avant.

La qualité du timbre collectionné : elle est indispensable et fondamentale car des timbres âbimés ont une trés petite valeur même si leur cote est élevée. On ne doit introduire dans sa collection que des pièces de qualité tout comme il ne viendrait pas à l'idée d'acheter une table avec seulement 3 pieds ou une armoire sans ses portes.

La recherche de la qualité, de l'esthétique et de la rareté feront de votre collection l'objet qui attirera l'attention et dont on dira  "je ne l'avais encore jamais vu". Vous serez alors récompensé de vos recherches, de votre culture, des soins apportés à présenter vos timbres et vous direz "bientôt vous verrez une encore plus belle collection".

Références utiles sur internet.

Lexique de quelques termes particuliers à la philatélie

Odontomètre : règlette ou appareil qui permet de mesurer l'écartement entre les dents des timbres
Faux : imitation d'un timbre, reproduction, souvent faite avec soins mais jamais identique. On distingue :
-  faux pour servir : reproduction d'un timbre pour son usage postal, souvent un timbre courant, facile à vendre au public
-  faux pour abuser les collectionneurs : reproduction de timbres, surcharges ou oblitérations pour les vendre aux collectionneurs, souvent ... des timbres rares.
Charnière : petit rectangle de papier encollé qui permet de fixer le timbre par son verso dans un album ou sur une feuille de papier.
* ce symbole suit parfois le n° du timbre dans un catalogue ou dans les ventes aux enchères: c'est un code d'identification rapide de l'état d'un timbre. On distingue :
*       désigne un timbre neuf avec charnière ou trace de charnière, la gomme d'origine n'est plus intacte
**     désigne un timbre neuf sans charnière, la gomme d'origine est intacte, il n'a jamais été collé dans un album sinon avec une protection
(*)     désigne un timbre neuf dont la gomme n'est plus d'origine : il est neuf mais a été regommé
§     désigne un timbre oblitéré : il n'est pas important qu'il ait ou pas de charnière.
S'il en a une on peut le nettoyer en le trempant dans l'eau et en le séchant entre deux buvards.


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